Cette étape bruxelloise était plus qu'attendue par le combo New-Yorkais. Et pour cause : ce concert devant un Forest National pas loin d'exploser à ras bord était la date la plus remplie de tout le périple européen du groupe. Interpol n'en était évidemment pas à son coup d'essai à Bruxelles, le groupe ayant déjà trusté de nombreuses salles plus petites et le festival de Werchter à plusieurs reprises. Les spectateurs savaient donc à quoi s'attendre de la part de ce groupe qui sent bon de références à la musique bien binaire et aux influences noires bien trempées, comme les Gang of Four, les Chameleons ou Joy Division.
Et de fait, dès Obstacle et Narc, Interpol plante le décor : mélodies syncopées, guitares arrachées et basse bien dure. Même si le chanteur Paul Banks s'en défend à longueur d'interview : les influences sont claires. Et l'on ne s'en plaindra pas tant elles ont donné une couleur particulière à cette soirée. Par contre, et là aussi c'est un héritage d'époque sans soute, Banks est aussi communicatif qu'une planche à repasser. Tout au plus acceptera-t-il de lâcher un timide "Thank you" à deux reprises durant la soirée. Autre petite réserve : si le répertoire d'Interpol est imparable (les trois albums sortis sont, à ce titre, irréprochables) et atteint son objectif lors des festivals où le groupe ne dispose généralement que d'une heure pour s'exprimer ; sur la longueur, le gang s'essouffle et tient parfois difficilement la distance. Tel fut encore le cas ce vendredi soir où l'ambiance finement tissée par le combo s'est effilochée au fil des minutes (de trop) passées une bonne heure quart de concert. Mais voilà bien la seule faiblesse d'une prestation qui aura vu, sinon, un des meilleurs groupes des années 2000 au presque sommet de son art. Encore un peu d'entraînement sur l'endurance et ce sera parfait.